vendredi 21 juin 2013

Fin de l'Occident, naissance du monde. Hervé Kempf.



L’animateur du site Reporterre " le forum de tous ceux qui imaginent le nouveau monde où l’on arrêtera de détruire l’environnement et qui retrouvera l’idéal de la justice", chroniqueur au journal « Le Monde » était invité par la librairie du Square.
Les titres de ses livres dont certains  furent recommandés par Chavez :
« L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie », « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme », « Comment les riches détruisent la planète », « La Guerre secrète des OGM », sont évocateurs.
Face aux questions simplistes du président de la Maison de la nature, il devait se montrer plus nuancé que ne l’annoncent ses propres titres en reconnaissant la force de séduction du commerce et récusant la notion de « faute » toujours présente chez les prêcheurs écolos.
Cependant ses appels à des convergences politiques pour aller vers « une décroissance heureuse » sont pollués par des réflexes durables qui sacrifient aux plaisirs de « bons » mots : «  les boas constrictors que doivent avaler les verts comme autant de saucisses de Francfort ».
Le renvoi de Cohn Bendit comme commentateur de foot sur Canal+ parlent peut être à un public de convaincus mais stigmatise un produit qui fut séduisant.
La dénonciation de Rosanvallon pour cause de défunt club Saint Simon peut paraitre anecdotique mais réduit encore le nombre des accessibles à la convergence ; quant au PS n’en parlons pas : reste le PC dont il semble être le seul à ne pas avoir aperçu l’évanouissement.
Visiblement peu au fait des évolutions ni de l’apport de l’auteur de « La société des égaux » qu’il renvoie à une pensée datant de la guerre froide, il n’en maintient pas moins une condamnation hors d’âge. Il fait douter de la dynamique d’un groupe, devant impulser des changements vitaux , qui risque plutôt la régression comme banquise.
Pourtant le regard est renouvelé sur des constats incontestables : 
les disparités existent bien autant à l’intérieur des pays qu’entre la zone Nord et le Sud.
Dans un monde peuplé et riche de ses capacités techniques, les ressources primaires vont se tarir : qui ne le sait ?
Revisitant des cycles historiques longs jusqu’à la révolution industrielle qui a entamé « la grande divergence » après des millénaires de relative égalité énergétique, l’essayiste explique la suprématie occidentale d’alors par le charbon anglais et le coton américain venant après le lin et la laine de proximité.
Il estime que la technique n’existe pas en soi mais dans un rapport social: la science jadis gouvernée par l’état est entrée dans la logique de la libre entreprise (les OGM).
Les remarques concernant des réalités minorées par les médias, bras armés de l’oligarchie économique et politique, illustrées par les 2 millions de manifestants portugais disparaissant derrière Rigide Fardeau, alimentent un optimisme dans l’issue des luttes sociales qui me semble démesuré.
Les manifestations en Turquie amorcées autour d’un parc menacé de destruction ou au Chili autour des droits d’inscription à la fac ne visent pas uniquement à réorienter la croissance au même titre que les opposants à l’aéroport de Notre Dame des Landes.
Bien que depuis quelques jours le pays de Neymar  secoue les cocotiers.
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Dans le Canard de cette semaine :

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