Pendant quatre heures, nous suivons la déflagration créé par l’assassinat d’une jeune fille vu du côté de la
famille de l'accusé âgé de 13 ans.
L’approche cinématographique efficace, avec un plan séquence
pour chaque chapitre, a amené toute une société à s’interroger : Keir
Starmer, premier ministre, a souhaité que la série de Netflix soit projetée dans les écoles de
Grande Bretagne, ainsi qu’au Parlement.
Depuis la porte défoncée de la maison parentale lors de
l’arrestation et malgré le respect des procédures protégeant le jeune criminel et le professionnalisme des intervenants, la violence éclate à chaque instant, en tous lieux : le collège est au
cœur du cyclone. Le respect se perd dans les couloirs des lieux d'éducation, le respect de la vie quand on croyait avoir mis de côté la mort a foutu le camp, alors que la moindre contrariété «fait péter un câble» de nos contemporains.
Là se révèle la source de tous les maux : les codes
nouveaux des réseaux sociaux qui
soulignent le fossé entre les générations et notre impuissance.
Au-delà du harcèlement, est mise en évidence la nature infamante des
« incels » (« célibataires involontaires ») pour des mômes tellement
jeunes et déjà victimes d’une masculinité plus que toxique, mortifère.
L’outrance
des termes, le poids des symboles
employés sur Instagram rejoint une théâtralisation exacerbée des
sentiments. Par contre les remords sont absents, en dehors de l’expression
mécanique « désolé! ». Nous avons tellement évacué la notion de
culpabilité, de responsabilité.
La classique confusion entre réel et virtuel ne sera pas guérie par quelques fleurs blanches s’amoncelant sur les lieux du crime.
Le
papa ne voulait pas reproduire les violences subies pendant son enfance et croyait son fils aimant en sécurité à la maison, alors qu'il était dévoré par l'écran.
Spectateur séduit, je me retrouve avec beaucoup de monde sur les réseaux sociaux à dénoncer les réseaux sociaux, après avoir maté une de ces séries d'une fascinante et déplorable violence 😉.